RQRF 42 : Arthur en Méditerranée — La Faula & Floriant et Florete

Épisode estival, Antoine et Lays se penchent sur une vieille tradition suivant laquelle Arthur, plutôt que de reposer dans une Avalon sur les mers nordiques bordant la Grande-Bretagne aurait été emporté en Méditerranée, et plus précisément en Sicile, à Mongibel, où reposerait aussi la Fée Morgane, ce qui serait donc l’Etna…

Cette tradition remonte au XIIème siècle, et semble s’être ancrée dans le folklore local, ce qui n’est pas si étonnant puisque c’est en Italie qu’on trouve certaines des premières traces de la matière de Bretagne sur le continent, dans les images ornant les cathédrales de Modène et d’Otrente.

Après avoir passé en revue les attestations de ce motif, on commence par le plus tardif des deux romans examinés, La Faula (1360-1375?), texte catalan où un certain Guillem de Torroella est emporté par une baleine merveilleuse sur une île tout aussi merveilleuse, où il a l’honneur de voir le Roi Arthur, très mélancolique car dans les reflets d’Excalibur, son épée, il contemple la déchéance de la chevalerie au XIVème siècle. Le narrateur connaît en tout cas très bien le canon français du Lancelot-Graal (RQRF 15-18) et ne s’étonne pas que Morgane, Arthur, mais aussi un serpent magique s’adressent à lui en français…

Pour un texte plus classique, on enchaîne avec Floriant et Florete, roman français en vers, relativement dérivatif, qui reprend beaucoup de vers de Chrétien de Troyes ou de Claris et Laris. Après la mort de son père, seigneur de Palerme, le jeune Floriant est enlevé par la Fée Morgane qui l’élèvera, prenant le rôle de la Dame du Lac, atypique pour elle, tandis que sa mère sera assiégée par le traître sénéchal Maragot qui a pris le pouvoir. Une fois assez âgé, Floriant fait preuve de valeur en massacrant divers monstres, emporté par un navire magique qui l’emmène où il veut, et rallie la Table Ronde. Avec l’aide d’Arthur et de ses chevaliers il part libérer sa mère des troupes du sénéchal et des renforts byzantins qui sont venus le soutenir. Il tombe alors amoureux de la fille de l’Empereur d’Orient, Florete, et Gauvain de Blanchandine, fille du roi de Hongrie. Il bat le sénéchal en duel et expose sa trahison, il est alors restauré sur le trône de son père et épouse Florete. S’ouvre une deuxième partie du roman : devenu trop sédentaire à cause de son mariage heureux, il veut repartir éprouver sa valeur chevaleresque, mais sa femme insiste pour l’accompagner, mais incognito. Ils seront le Beau Sauvage et la Plaisante de l’Île. En chemin, ils vainquent un dragon (d’ailleurs achevé par Florete), et un roi injuste, avant de venir au secours de l’empereur de Rome, injuste mais assailli par les Sarrasins. Après avoir tué le Sultan et été récompensé, les amants retrouvent la cour d’Arthur, où ils sont rejoints par des messagers de Grèce qui annoncent que le père de Florete, l’empereur est mort, et que l’Empire revient à Floriant ce qu’il accepte. Ils retournent cependant en Sicile, et c’est un retour vers la féérie qui marque la fin du roman : Morgane attire Floriant dans un château merveilleux perdu dans une montagne, et il apprend qu’il devrait mourir et donc, comme le roi Arthur qui viendra là plus tard, il ne peut repartir. Mais, consolation, Florete peut le rejoindre, ce qui conclut le roman, car on n’entendit plus parler d’eux.

Une longue et intéressante tradition où le merveilleux arthurien a pris résidence en Méditerranée.

Image : facsimilé du début du roman (NYPL MA 122 fol. 1r) dans l’édition Michel (1873), la miniature abîmée représente probablement Elyadus et sa femme.
RQRF 42 : Arthur en Méditerranée — La Faula & Floriant et Florete

Sommaire

0:00:00 Générique
0:01:00 Introduction
0:04:00 Actualité arthurienne (juin 2026)
0:33:30 La tradition d'Arthur en Sicile, dans l’Etna…
0:48:47 La Faula (1360–1375?) roman catalan
1:14:00 Floriant et Florete (1260–1310?) : Introduction
1:31:00 Manuscrits et éditions
1:41:00 Résumé de Floriant et Florete
3:26:00 Conclusion

La Faula (1360–1375?)

Texte catalan d’un certain Guillem de Torroella, de la deuxième moitié du XIVe siècle, préservé dans quatre manuscrits.

Floriant et Florete (1260–1310?)

  • Manuscrit unique : New York Public Library, MA 122. L’œuvre a cependant connu une mise en prose plus tardive (deux manuscrits) et a donc dû connaître un succès plus large que ne laisserait penser ce seul témoin.

Éditions et traductions

  • Francisque Michel 1873 (pour le Roxburghe Club)
  • Harry F. Williams University of Michigan Press-Oxford University Press, 1947
  • Claude M. Levy, Le Roman de Floriant et Florete ou le Chevalier qui la Nef maine, éditions de l’Université d’Ottawa, 1983.
  • Annie Combes et Richard Trachsler, Honoré Champion, 2003 (édition bilingue avec traduction française)
  • Mariateresa Prota, Floriant e Florete, Edizioni dell’Orso, 2019. (édition bilingue avec traduction italienne)

Actualités arthuriennes mentionnées en introduction

Les médias aiment les (fausses) découvertes (CPS)

Une découverte ? Ça c’est super coco, tu me le mets en bonne place dans le journal. Ah, ce n’est pas tout à fait une découverte ? Bon…

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SOMMAIRE
0:00:00 Introduction
0:03:08 Château enseveli
0:06:27 Les coniques d’Apollonius
0:11:27 Encore Ségurant
0:27:42 Fragments de la Suite-Vulgate
0:33:00 Conclusion : et l’IA évidemment

TEXTE DE LA VIDÉO (PDF) :

QUELQUES LIENS (voir le script pour le reste) :

Sur Ségurant :

Chronologie de la littérature arthurienne médiévale

La littérature arthurienne, affaire complexe, des dizaines voire des centaines d’œuvres qui se reprennent et se réécrivent dans tous les sens… Et si on représentait ça visuellement pour simplifier un peu le processus ?

En JPG

Version 2.1 (mai 2026). Travail en cours, suite à une première version en 2019. Destinée à évoluer, car faite sur une longue période petit à petit donc n’hésitez pas à suggérer des améliorations ou corrections en commentaires ici ou à contact@sursus.ch

À corriger à l’avenir :

  • Dans la légende en haut à droite : il manque le vert de l’anglais.
  • Rajouter le An Dialog etre Arzur, roe d’an Breton et ha Guinclaff ? (XVe ?)

Vous pouvez également la consulter :

Et en version PDF :

La première version, faite sur Gimp, mais qui avait tout de même un certain charme :

RQRF 41 : The Wife of Bath’s Tale et The Wedding of Sir Gawain and Dame Ragnelle

Antoine et Lays se penchent sur deux textes qui traitent du motif de la Loathly Lady, femme d’une laideur monstrueuse mais qui se révèle finalement d’une beauté merveilleuse une fois mariée.

Dans ses Contes de Canterbury (~1387-1400), Geoffrey Chaucer place dans la bouche d’une femme (ou bourgeoise) de Bath, un conte situé à la cour d’Arthur, où un chevalier coupable de viol doit trouver ce que les femmes désirent le plus pour sauver sa vie, mais la vieille dame repoussante qui lui a donné la réponse (la sovereynetee sur elles-mêmes et leur mari) exige qu’il la marie en échange. Elle lui demande ensuite de choisir s’il préfère qu’elle reste laide, mais une femme fidèle et honnête, ou s’il la voudrait belle, mais qu’elle risquerait alors d’être infidèle. Ayant retenu la leçon, il lui laisse le choix, et elle sera donc à la fois belle et fidèle…

Même logique dans le poème anglais The Wedding of Sir Gawain and Dame Ragnelle, texte du XVème siècle, préservé dans un seul manuscrit. Commençant comme souvent par une partie de chasse, durant laquelle Arthur est cerné par Gromer Sommer Jour, qui veut le tuer, car il aurait donné ses terres à Gawain — comme Galeron dans The Awyntyrs Off Arthure (RQRF #40). Il impose alors une épreuve à Arthur : il devra découvrir ce que les femmes désirent le plus, et revenir lui donner la réponse un an plus tard, un peu comme le Chevalier Vert de Sir Gawain and the Green Knight (RQRF #39) — mais cette fois lui initime de n’en rien dire à personne. Malgré cela, il finit par s’en confier à Gauvain, et ils partent, chacun de leur côté récolter des réponses qu’ils inscrivent chacun dans un livre. Pas rassuré par la variété des réponses, alors qu’il reste un mois, Arthur repart en quête, et tombe sur Ragnelle, une femme, repoussante en tous points, mais ici carrément monstrueuse dans ses proportions, avec des défenses de sanglier qui sortent de sa bouche… Elle veut bien lui donner la réponse (les femmes veulent toujours la souveraineté), mais en échange elle veut la main de Gauvain. Ce dernier, héroïque, accepte volontiers pour sauver Arthur, sans avoir vu la Dame. Arthur arrive donc à se libérer, mais Gauvain doit donc l’épouser… Pendant la nuit de noces, d’un coup, il la voit dotée d’une beauté merveilleuse, mais apprend qu’il doit choisir : la préfère-t-il belle pendant la nuit ou la journée ? Gauvain, bien sûr, lui laisse le choix, brisant la malédiction…

Le merveilleux sert ici à interroger les relations idéales entre les hommes et les femmes, préoccupation d’autres romans anglais — pensons à la tolérance de Baldwyn quand on lui fait croire que sa femme est infidèle, dans The Avowyngs of Arthur (RQRF #40). Qui plus est, quand Chaucer place le conte dans la bouche d’une veuve de Bath, il nous rappelle peut-être que ces œuvres avaient bien un public féminin.

Ellesmere Chaucer (San Marino, Californie, Huntington Library EL 26 C 9), fol. 72r (détail).
RQRF 41 : : The Wife of Bath’s Tale et The Wedding of Sir Gawain and Dame Ragnelle

Sommaire

0:00:00 Générique
0:01:00 Introduction
0:03:55 Actualités plus ou moins arthuriennes
0:29:27 Le Conte de la femme de Bath et le motif de la Loathly Lady
0:38:30 Éditions de Chaucer
0:42:19 Résumé du Conte de la femme de Bath (et son prologue)
1:14:00 The Wedding of Sir Gawain and Dame Ragnelle 
1:17:00 Éditions et introduction
1:23:00 Résumé de The Wedding of Sir Gawain and Dame Ragnelle 
2:20:40 Bonus : critique surprise de Legends of the Round Table (et de la mission Ragnelle en particulier)

Éditions discutées

Actualités discutées en introduction

RQRF 40 : Avowyngs of Arthur & Awyntyrs Off Arthure

Antoine et Lays reviennent avec deux textes arthuriens du XIVe siècle en vers allitératifs anglais, dans la suite de nos épisodes sur les Morts d’Arthur (RQRF #36) et Sir Gawain and the Green Knight (RQRF #37) — par rapport à ce dernier on va d’ailleurs revoir une mise en scène d’adultère, un chevalier vert, une blessure à la nuque pour Gauvain…

Dans The Avowyngs of Arthur, Arthur jure d’affronter un terrible sanglier, décrit comme un être démoniaque, et encourage ses chevaliers à également faire un vœu, mais là où Gauvain et Keu se comportent en chevaliers de roman et partent également à l’aventure dans la forêt, Baudoin, avant de rentrer chez lui, fait des vœux qui se rapportent davantage à la morale quotidienne : ne pas craindre la mort, ne pas être jaloux d’une femme et ne jamais refuser de nourriture à quiconque. Dans la deuxième moitié du poème, Arthur et ses chevaliers vont essayer d’éprouver ses vœux, qu’il va ensuite expliquer à l’aide de plusieurs histoires qui lui sont arrivées, même si la morale n’est pas toujours claire…

Dans The Awyntyrs Off Arthure, Gauvain et Guenièvre sont témoins de la terrible apparition d’un spectre lors d’une partie de chasse. Alors que les cieux s’assombrissent, il s’avère que ce revenant est en fait la mère de Guenièvre, qui les met en garde quant à leur orgueil : leurs richesses et leurs triomphes ne les empêcheront pas de finir dévorés par les vers et les tourments du purgatoire comme elle. Et qui plus est, elle prophétise sur la chute de la Table Ronde et la mort de Gauvain… Alors qu’ils s’appliquent à la charité pour le salut de leur âme, et qu’on fasse donner des messes en son honneur pour atténuer ses souffrances. Dans la seconde moitié du poème, Galeron de Galloway accuse Gauvain et Arthur d’avoir injustement pris possession de ses terres et il veut se battre pour celles-ci. Gauvain relève le défi. Le combat est terrible, et les deux chevaliers gravement blessés, quand la bonne amie de Galeron intercède auprès de Guenièvre pour le faire interrompre, mais justement quand Galeron reconnaît que Gauvain a l’avantage. Arthur propose alors à Gauvain de nouvelles terres pour qu’il rende à Galeron celles qu’il demandait, et qu’il puisse rejoindre la Table Ronde — ce qui est fait. Et Guenièvre fait donner un million de messes pour sa mère.

Dans ces deux textes anglais, nous voyons la Table Ronde investie par des questions morales qui devaient être plus proches des préoccupations de leur lectorat (de petits nobles ou bourgeois) que les dilemmes héroïques des chevaliers errants classiques, que ce soit la morale individuelle de Baudoin ou bien l’économie religieuse de la charité qui entoure le Salut de la mère de Guenièvre.

RQRF 40 : The Avowyngs of Arthur & The Awyntyrs Off Arthure

Sommaire

0:00:00 Générique
0:01:00 Introduction
0:03:26 Actualité
0:25:00 Introduction des textes
0:32:10 Avowyngs of Arthur
1:33:00 Awyntyrs off Arthure 

Traduction des deux textes par nos soins, avec le texte anglais :

Liens des œuvres d’actualité discutées en introduction

Understanding Segurant

by Lays Farra

In the media there’s a great fanfare about this lost Arthurian romance, rediscovered, along with its forgotten hero, Segurant, the Knight of the Dragon. But if you don’t read French or Italian, it’s quite hard to figure out the theories at play.

In case it might be helpful, here is a working translation of our article presenting the Matter of Segurant, in the Prophecies de Merlin, Rusticien’s compilations, etc.

You can find the PDF here, with various summaries of the stories involved, concordance tables, diagrams, etc. :

As well as a web Google Docs version here. (The definitive web version will be on that page, like the French version)

It’s a work in progress and its 110 pages are probably full of howlers and obscure passages. Comments welcome, either here, by email (contact@sursus.ch), or on this Drive version of the PDF, where you can leave comments on the different pages (with a Google account).

The diagrams, separately, for more convenient viewing:

La Vierge Marie avait-elle ses règles ? (CPS short)

Une question qui peut paraître triviale mais entre en conflit avec la vision médiévale de la conception, et donc le dogme de l’Incarnation… Petite vidéo sur le sujet (en deux parties car on ne maîtrise pas encore ce seuil de trois minutes).

Partie 1/1 :

Partie 2/2 :

Pour aller plus loin :

Sur la manière d’envisager la conception du foetus dans diverses sociétés à travers le monde : 

Sur ces questions de péché originel et de menstruations :

Script de la vidéo

Texte de la vidéo (pour références, voir le script) :

Est-ce que la Vierge Marie avait ses règles ? C’est une question qui se pose surtout pour les catholiques mais pas seulement.
Dans les évangiles quand Marie accouche de Jésus, qui est l’incarnation de Dieu, elle est vierge, mais au fil du temps on va prêter à cette virginité, cette pureté, un statut de plus en plus exceptionnel.

Déjà elle resterait vierge pour toujours, donc les frères de Jésus, mentionnés dans les Évangiles, ne seraient pas des enfants de Marie mais des enfants de Joseph d’un précédent mariage, et on va finir par considérer que pour porter l’Incarnation de Dieu elle devait être “sans tâches”, immaculée, et donc être née sans porter elle-même le péché originel. Ca deviendra un dogme catholique sous Pie IX en 1854, mais depuis le Moyen Âge au XIIème siècle c’est en fait très courant dans le culte de Marie.

Il ne faut pas confondre conception virginale de Jésus et Immaculée conception, qui est la conception de Marie même si dans l’usage courant c’est utilisé comme un synonyme, le terme est assez trompeur.

Le péché originel, c’est qu’Adam et Ève nous ont condamné à la condition humaine en croquant le fruit dans le jardin d’Eden, donc la faim, la soif, la mort, le travail, mais aussi la sexualité reproductive, on est mortel mais on peut faire des enfants, et cadeau spécial pour les femmes, accoucher dans la douleur. (Genèse 3:16)

Donc d’après ce dogme Marie étant exemptée, elle n’a pas souffert pendant l’accouchement, et ça deviendra même l’idée que Jésus est né e clauso utero, sans que ses organes ne s’ouvrent, sans rompre sa virginité. Par exemple, Ildéfonse de Tolède insistait dans son traité sur la virginité perpétuelle de Marie, sur le fait que Jésus, justement n’avait pas défoncé l’hymen de sa mère. Il a peut-être été émis comme un rayon de lumière, quelque chose du genre, la laissant intacte.

Avec le temps on a fait dépendre du péché originel, plus seulement l’accouchement douloureux, mais toutes les fonctions du corps qui vont avec, notamment les menstruations. Après tout comme Marie est immaculée elle n’est pas soumise à la mort, d’où le dogme de l’Assomption de Marie, qu’elle a juste été emportée au ciel, qui a aussi été officialisé très tard, mais si elle n’est même pas affectée par la mort, ne pas avoir ses règles c’est un détail.

Mais au Moyen Âge ça perturbe la vision médicale de la conception et donc ça met en péril le dogme de l’Incarnation.
Puisque les menstruations s’arrêtent pendant la grossesse, de nombreuses cultures considèrent que ces émissions de sang contribuent en fait à constituer le corps du fœtus.
Dans la vision aristotélicienne qui s’est imposée au Moyen Âge c’est la semence de l’homme qui donne sa forme au foetus tandis que la femme fournit de la matière brute, et quand cette matière informe n’est pas formée, ça devient donc ses menstrues.

Au Moyen Âge sous l’influence de Galien notamment ça coexiste avec l’idée que la femme fournit aussi une semence pendant l’orgasme mais ça entre pas en ligne de compte pour Marie. Par contre puisque Jésus est pleinement Dieu mais aussi pleinement humain il doit avoir un corps humain à part entière et c’est Marie qui a dû fournir cette matière. Qui plus est, on considère que le sang des règles se transforme après l’accouchement en lait maternel, et comme Marie a allaité Jésus, ça c’est une scène standard, donc elle en aurait étant une scène classique, donc elle en aurait d’autant plus besoin.

Alors c’est un sujet un peu tabou donc les auteurs n’en parlent pas toujours directement ou ont l’air de se contredire comme Thomas d’Aquin qui dit un coup que Marie a dû fournir la matière de ses menstrues pour le corps de Jésus, mais ailleurs que c’est par l’acte sexuel ou l’excitation sexuelle que les règles se déclenchent donc non — Thomas n’est pas le défenseur le plus univoque de l’Immaculée Conception mais l’un dans l’autre les règles, la sexualité, on n’a pas envie d’y associer la Vierge Marie apparemment.

Ce n’est pas du tout explicite, mais pour Charles Woods, à qui je reprends l’essentiel de cette discussion une manière de s’en sortir ce serait d’imaginer que Marie dispose de cette matière à fournir en réserve mais qu’elle est préservée de la corruption et donc elle n’a pas ses règles chaque mois.

Pour Augustin, et les autres pères de l’Eglise, l’homme avait déjà un corps des fonctions corporelles et même du sexe et du plaisir sexuel, avant le péché originel, par contre ce qu’on avait avant c’est que contrôler notre désir sexuel, nos érections tout ça c’était délibéré, c’était pas plus compliqué que bouger nos mains ou nos pieds. D’ailleurs, sans plaisanter, une trace de cet état de grâce où on contrôlait vraiment notre corps, d’après lui ce serait les types qui arrivent à bouger leurs oreilles ou les pétomanes qui qui arrivent à avoir des flatulences sur commande.

Donc comme la dernière fois, on revient en territoire scatologique et avec peut-être la même solution. Jésus pouvait manger mais il n’avait pas besoin de manger. De la même manière comme le dit Henry de Bracton au treizième siècle, Marie n’était pas soumise à la loi commune mais elle s’y pliait pour donner l’exemple et ne pas attirer l’attention.

Kaamelott, Deuxième Volet, Partie 1 (RQRF HS #11)

Suite de l’épopée Kaamelott au cinéma : les dieux ne sont pas contents (encore), Arthur est déprimé sur son lit de mélancolie (encore), Lancelot est méchant (encore), mais la nouvelle Table Ronde se disperse en quête de dragons, d’amis perdus et d’aventures, de méchants sorciers font joujou avec de la magie noire pendant que de gentils enchanteurs essaient d’y remédier. Malgré l’absence de Perceval, même la Quête du Graal semble se relancer — avant que le première partie de ce deuxième volet de s’interrompe. Il faudra attendre un an avant la conclusion, mais avant de savoir si elle sera satisfaisante, qu’ en ont pensé Antoine et Lays, les seuls vrais fans de Kaamelott ? Découvrez-le dans ce nouvel épisode de Rex Quondam Rexque Futurus.

RQRF, HS #11 : Kaamelott, deuxième volet, partie 1.

Sommaire :

0:00:56 Générique
0:00:00 Introduction et premières impressions (plus ou moins sans spoilers)
0:49:00 Résumé de l'intrigue et commentaire

Notes : Lays mentionne sa traduction de la Folie Lancelot, qui est désormais disponible sur ce site.

N’hésitez pas à redécouvrir nos épisodes précédent sur Kaamelott :

Bonnes fêtes et bonne fin d’année !

Traduction de La Folie Lancelot

Lays Farra

Pour me dérouiller, j’ai essayé de traduire la Folie Lancelot, texte arthurien au statut particulier et qui n’était pas traduit en français moderne, même s’il y avait déjà une traduction anglaise de Martha Asher.

Vous trouverez la première version de travail avec le frontispice ci-dessous, une introduction et quelques tableaux, annexes, etc. pour mieux s’y retrouver. Une version web est disponible sur Google Docs ici, une fois un peu plus relue et corrigée, elle sera disponible directement sur cette page.

Suite du Merlin (PV)(fragments)Folie Lancelot(fragments)Queste-Mort Artu (PV)
Début du règne d’Arthur, Excalibur lui est donnée par le bras d’une dame dans un Lac, complots de Morgane contre lui…F3 : Mort de Pellinor
F4 : Fin d’un combat de Gauvain
F4a : Amour de Tristan condamné (sauf par Lancelot) [correspond au ms. BNE 9611]
Mort de Driant et Lamorat, Lancelot fou et porté disparu, chevaliers retenus au château des Dix Chevaliers ou sur l’île de la sœur de Perceval…F5-6 Galaad quitte l’Île de Joie, chevaliers au château de Tugan appartenant à MorganeGalaad s’assied sur le Siège Périlleux et le Graal apparaît à la cour… Après la fin de la Quête du Graal, version abrégée de la Mort Artu : l’adultère de Lancelot est découvert, le royaume arthurien détruit.
La Folie Lancelot dans la continuité de la « Post-Vulgate » (PV), avec les fragments qu’on peut situer avant et après, qui sont traduits dans les annexes.

Traduction des quatorze chapitres de la Folie Lancelot, avec une introduction et un résumé de l’intrigue, et en annexe une discussion des épisodes la suivant dans le BnF 112, une traduction des fragments liés qu’on peut situer avant ou après la Folie Lancelot, et enfin la version alternative de l’épisode au château de Mabon dans le BnF 12599 — (version 1.1, février 2026) au format PDF (15mo, 211 p.) :

Un ebook assez brut est aussi disponible ici au format epub (sans chapitrage et les tableaux ne s’affichent pas forcément de manière optimale) : EBOOK_Folie_Lancelot.epub ( 2mo)

Frontispice par Lays Farra.

Debunk les Chasses aux Sorcières ?

Il est courant, ces temps, de corriger nos idées reçues sur les grandes chasses aux sorcières à l’époque moderne en Occident, et notamment les analyses de certaines militantes féministes, mais qu’en est-il ? Pourquoi ces persécutions visaient-elles majoritairement des femmes ? Les victimes des procès de sorcellerie étaient-elles bien, en nombre significatif, des guérisseuses, des sages-femmes ? Cette multiplication des bûchers serait-elle bien liée à l’avènement du capitalisme, et à la condition moderne des femmes, comme l’avance Federici ? Et qu’est-ce que tout cela révèle de notre pratique de la vulgarisation historique, et de la place que le “debunk” peut y prendre ? Découvrez-le dans un nouvel épisode de C’est Pas Sourcé !

ADDENDA ET ERRATA :

Lays dit tout le temps “inquisiteur” au lieu de chasseur de sorcières ou démonologue, ce qui serait plus approprié pour des gens qui ne travaillent pas pour l’Inquisition.

NOUS SOUTENIR

SOMMAIRE

0:00:00 Introduction 
0:08:50 Générique : David Rampillon – Rhin
0:09:36 Précision sur les critiques
0:19:13 Partie 1 : Le nombre de victimes 
0:52:19 Partie 2 : Pourquoi une majorité de femmes ?
1:04:46 Partie 3 : Guérisseuses, sages-femmes ?..
1:25:27 Partie 4 : Lié au début du capitalisme ? (Federici)
1:34:26 Partie 5 : Récupérer une figure historique ? (Chollet)
1:43:49 Conclusion et pour aller plus loin
1:59:20 Écran de fin (avec musique)

Musique de David Rampillon, merci à lui pour son travail ! Son site : https://www.davidrampillon.com/

TEXTE DE LA VIDÉO : 

NOS VIDÉOS MENTIONNÉES :

AUTRES ÉMISSIONS CITÉES