In the media there’s a great fanfare about this lost Arthurian romance, rediscovered, along with its forgotten hero, Segurant, the Knight of the Dragon. But if you don’t read French or Italian, it’s quite hard to figure out the theories at play.
In case it might be helpful, here is a working translation of our article presenting the Matter of Segurant, in the Prophecies de Merlin, Rusticien’s compilations, etc.
You can find the PDF here, with various summaries of the stories involved, concordance tables, diagrams, etc. :
Image : détail du folio d’un autre manuscrit (mais qui partage certains traits), le BnF fr. 344, fol. 184r.
Sur un fragment précédemment décrit comme étant tiré de la Suite-Vulgate du Merlin puis du Livre d’Artus (mais dans ce dernier cas en donnant un matricule erroné qui a probablement ralenti les recherches).
Mise à jour du 3 septembre 2026 : la version définitive de l’article, qui résout plusieurs problèmes supplémentaires et propose quelque pistes est parue dans la revue de la société internationale arthurienne, et est disponible ici :
Farra, Lays. « Une autre ‘petite sœur’ de la Suite-Vulgate du Merlin? Édition d’un fragment arthurien unique (Paris, Arch. Nat. AB XIX 1734, dossier Moselle) », Journal of the International Arthurian Society, vol. 14, no. 1, 2026, pp. 55-81. https://doi.org/10.1515/jias-2026-0003
Pour toutes critiques ou si vous souhaitez simplement discuter de ce fragment ou d’autres textes liés, n’hésitez pas à me contacter à l’adresse : lays@sursus.ch
À des fins d’archives, nous laissons ici disponible le PDF d’une version précédente, qui datait de mai 2025, mais contient encore une transcription qui se basait sur la notice de l’IRHT et n’avait pas été revue d’après le manuscrit, plusieurs hypothèses plus ou moins gratuites etc. — mais pour toute enquête sérieuse prière de consulter la version définitive ci-dessus.
(et les Prophéties de Merlin, Rusticien, la Queste 12599…)
Un roman arthurien retrouvé ! Un chevalier jusqu’ici oublié ! L’édition et la traduction des aventures de Ségurant le Brun, chevalier au dragon, ont été ponctuées, ces dernières années, d’annonces tonitruantes sur la mise au jour de cette « matière de Ségurant ». Une version unique des Prophéties de Merlin, contenue par le manuscrit 5229 de l’Arsenal contient en effet une série d’épisodes uniques centrés sur Ségurant, enchanté au tournoi de Winchester et qui se met à pourchasser un dragon, qui n’est en fait que l’apparence prise par un démon…
Comme le remarquaient déjà Löseth à la fin du XIXème siècle ou Paton dans son édition des Prophéties de Merlin en 1926-1927, son histoire semble se continuer dans la version longue des Prophéties de Merlin, et dans toutes ses versions plusieurs prophéties du sage Merlin font allusion à la destinée de Ségurant, qui trouvera la tombe de Merlin, partira en Orient, où il sera couronné roi de Babylone et d’Abiron, se rendra à Jérusalem… Suivant Paton, Ernst Brugger, à la fin des années 30, concluait donc que Ségurant était une part centrale de la forme originale des Prophéties de Merlin. Les spécialistes remarquaient déjà qu’on retrouve aussi Ségurant dans la Queste 12599, dans une compilation « guironienne » rattachée à Rusticien de Pise, et des « versions alternatives » qui en descendent et réécrivent l’histoire du chevalier au dragon.
Cependant, le manuscrit de l’Arsenal est très tardif (1390-1403 pour Arioli) et le lignage des Bruns apparaissait dans le cycle de Guiron le Courtois, donc c’est généralement à l’univers guironien que la discipline rattachait Ségurant, dont les épisodes se trouvaient donc dans la tradition éclatée des Prophéties de Merlin et diverses compilations guironiennes dont la variété a de quoi étourdir les analystes. En 2009, Nathalie Koble attire à nouveau l’attention sur le manuscrit de l’Arsenal dans son examen des Prophéties de Merlin et un article consacré qui en détaille le contenu. Suivant ses travaux, et des analyses plus précises de Guiron le Courtois, Emanuele Arioli a réévalué la chronologie et les rapports de ces textes : puisque de nombreux éléments de la version cardinale sont attestés à la fin du XIIIe siècle, c’est celle-ci qui doit être la source de toute cette matière de Ségurant, directement ou après son intégration dans les Prophéties de Merlin dans les années 1270.
Dans ce (long) épisode, Merlin (Lays) et Maître Antoine reviennent sur les différents épisodes édités et traduits par Arioli, les questions soulevées par ses théories et celles de ses collègues.
De par la large étendue des textes couvert, cet épisode est (malheureusement) le plus long que nous ayons produit jusqu’ici, et avec celui-ci nous dépassons les 100 heures de Rex Quondam Rexque Futurus… L’occasion de vous remercier si vous nous écoutez encore !
0:00:00 Générique
0:01:00 Actualités
0:10:45 Introduction
0:45:26 Version cardinale de Ségurant (ms. Arsenal 5229)
2:06:00 Ségurant dans la version longue des Prophéties de Merlin (version compl. romanesque)
2:24:00 Prophéties sur Ségurant (version compl. prophétique)
Continuations et variantes de Ségurant hors des PdM
2:43:00 Ségurant dans la Queste 12599
3:06:00 La compilation de Rusticien de Pise
3:10:10 Rusticien II / Aventures des Bruns : autre compilation attribuée à Rusticien
3:17:30 Versions alternatives qui en dérivent
3:21:34 Version alternative BnF 358
3:23:30 Version de Londres-Turin
3:26:33 Postérité de Ségurant, en Italie, Espagne, Angleterre…
3:34:44 Inspiration de Ségurant : Siegfried/Sigurdr ?
3:38:08 Quelques questions en suspens
3:55:50 Conclusion
(Enregistré en 2022). Dans un royaume où les filles ne peuvent plus hériter, un couple décide d’élever leur fille comme un garçon. Leur enfant, Silence (nommé car il doit garder le silence sur son secret) deviendra un chevalier exemplaire de Cornouailles, mais l’époque est post-arthurienne, la cour d’Arthur ne se rappelant vraiment à nous que quand Silence doit capturer Merlin, suivant un scénario déjà trouvé dans la Suite-Vulgate (RQRF 18)… Préservé dans un seul manuscrit, qui contient aussi la Vengeance Raguidel (RQRF 26), le Roman de Silence part de cette situation pour tisser une réflexion plus large sur la part de la Nature et de l’Education dans la formation du caractère, qui a évidemment suscité l’intérêt des gender studies.
RQRF 34 : Le Roman de SilenceImage : WLC.LM.6, Roman de Silence, f. 203r. (Source)
Traductions utilisées :
En français : trad. Florence Bouchet in Romans d’Amour et de Chevalerie, coll. Bouquins, pp.459-557.
En anglais : trad. Sarah Roche-Mahdi, Silence: a thirteenth-century French romance (1992)
Sur le motif de la fille-soldat, discuté en introduction, d’après Catherine Velay-Vallantin, L’histoire des contes (1992) et . La Fille en Garçon (1992) :
Les Chevaliers de la Table Ronde chez Gallimard : Culhwch ac Olwen + extrait de l’Historia Regum Britanniae + Yvain, Perceval (Chrétien de Troyes) + Queste, Mort Artu (Lancelot-Graal) + Roman du roi Yder avec articles de Martin Aurell et Pastoureau.
L’Historia Regum Britanniae de Geoffrey de Monmouth est peut-être l’un des textes arthuriens médiévaux les plus connus: cette histoire de la Bretagne depuis sa fondation jusqu’à la conquête anglaise, écrite moins d’un siècle après la conquête normande de l’Angleterre, était déjà un best-seller à son époque, comme en témoignent ses quelque 215 manuscrits encore conservés. En développant le règne d’Arthur tel qu’il était décrit dans les premières chroniques latines et en y mêlant des éléments issus des récits gallois, Geoffrey de Monmouth a de fait codifié en grande partie la légende arthurienne, et fondé la tradition des chroniques qui, à travers ses nombreuses incarnations, a largement influencé la conception moderne de la Matière de Bretagne…
RQRF 3 : Arthur, Roi de Bretagne. L’Historia Regum Britanniae